![]()
___________
Suivez
l'actualité du
théâtre sur Facebook ! ___________
|
![]() ______________________________________________________________________________ |
|||||||||||||
Robert Desarthis : mon père... |
||||||||||||||
|
Robert
Desarthis a créé le premier théâtre de marionnettes de
France en 1933 ! En effet, le théâtre du "Jardin du Luxembourg"
à Paris
est la seule salle consacrée uniquement aux marionnettes. Il est
vrai
qu'il a débuté tôt : à six ans, en 1916, dans le square
populaire de la
place d'Italie. Ce jour là, des passants et des enfants se
dirigeaient
vers un castelet miniature planté au milieu du square. Sur la
scène
s'agitait une marionnette. Une voix jeune, mais déjà bien
timbrée,
semblait sortir du petit personnage.
Derrière le castelet, bras levés : Robert Desarthis ! Sans le savoir, il donnait là sa première séance publique. Robert Desarthis était le fils d'un fabricant de jouets et plus spécialement de théâtres Guignol. L'enfant a grandi au milieu des marionnettes. En 1922, à 13 ans, il accompagne son père au concours Lépine pour exposer des petits "guignols". Un marionnettiste devait jouer un spectacle... on l'attendait... le jeune public s'impatientait... bref, le "petit Robert" proposa de le remplacer ! Il fit rire et vibrer 2000 enfants. Ce fut son premier succès. Suite à cette représentation, son père lui construisit un petit castelet à sa mesure... et Robert Desarthis commença sa longue carrière. |
|||||||||||||
En 1923, les municipalités firent appel à son talent. Puis ce
fut au
tour des casinos : Dinar, Ax-les-Thermes, La Baule, Cabourg...
Entre
temps il fut attirer par le théâtre d'acteur. Un jour il
rencontra
Gaston Baty " Vous voulez être acteur, et vous êtes dix mille!
Vous
faites des marionnettes et vous êtes presque... seul,
alors...". Alors,
le grand homme de théâtre avait raison. Il sera
marionnettiste, il
consacra toute sa vie à cet art passionnant ! |
||||||||||||||
|
En 1930, premier tournant :
il obtenait la concession du Parc
Montsouris. Il créa le théâtre "Guignolia", le premier du genre
construit en dur. Certes, le public était en "plein air", mais
le
castelet, la machinerie et le courant électrique permettaient
déjà la
présentation de très beaux spectacles. Avec jeux de lumière,
musiques
de scène et de "vrais" décors comme au théâtre, il jouait des
farces de
Catulle-Mendès et une revue nommée "Mont et Souris", en 25
tableaux
"agrémentés de ballets". C'était un mini Châtelet, c'était
nouveau dans
un jardin public, c'était un succès encouragé par toute la
presse.
En 1932, la compagnie donna une série de représentations au
théâtre de
Paris. La même année, le petit Guignol en bois du jardin du
Luxembourg
tombant en ruines, fut rasé par ordre du Sénat. Un nouveau
concessionnaire devant être choisi, on eut l'idée originale
d'organiser
un concours. Parmi tous les concurrents, trois finalistes se
détachèrent. Comment les départager ? Les enfants des employés
du Sénat
furent réunis pour applaudir les trois spectacles et ainsi
choisir
l'heureux candidat à la concession. Vainqueur du tournoi :
Robert
Desarthis avec "Reviens Guignol". C'était le deuxième tournant.
|
|||||||||||||
|
En février 1933, on posa la première pierre de ce théâtre entièrement construit en ciment armé! La truelle était dans la main d'un ami des marionnettes : Julien Godart, sénateur et ancien ministre ("Gustin Jobart"... comme disait Guignol!). Puis ce fut au tour de tous les enfants invités de venir creuser eux-mêmes les fondations de "leur théâtre" avec leurs petites pelles. En avril 1933, le théâtre, construit sur les plans de Marcel Temporal et entièrement financé par mon père, fut inauguré par le ministre de l'Instruction Publique. Paris, La France... a enfin son théâtre de marionnettes. C'était en 1933! A ce jour, il est encore le seul théâtre de ce genre. 275 places, une machinerie en avance sur son temps, un proscenium pour attractions, une fosse d'orchestre, une salle de projection, une sonorisation perfectionnée, 150 projecteurs, un ingénieur système... permettent de passer de la marionnette à gaine à la marionnette à fils. Aujourd'hui, les marionnettes, les décors et les accessoires ne se comptent plus. |
|||||||||||||
C'est un théâtre qui utilise les
techniques modernes, sans se vouloir
d'avant-garde. Avec un répertoire qui a fait ses preuves, qui
est
rajeuni et rafraîchi à chaque reprise, le théâtre des
marionnettes du
jardin du Luxembourg se veut divertissant. Le public est vaste :
du
bébé à la grand-mère. Il faut amuser les petits sans les
effrayer,
captiver les grands sans les ennuyer et intéresser les adultes
accompagnateurs... ou curieux ! Quel théâtre d'acteurs peut se
vanter
d'un tel programme ? En 1935 pour monter Michel Stogoff, 20 tableaux et 16 mois de travail furent nécessaires. |
||||||||||||||
|
1939 : la guerre... Mon père est mobilisé
tandis que Guignol, né au
siècle dernier, n'est plus mobilisable ! Le temps passe et la
Libération permet un retour à une vie presque normale. Robert
Desarthis
retrouve son théâtre, mais dans quel état ! L'occupant a tout
saccagé.
Le théâtre est miné ! Mais il en faut beaucoup plus pour abattre
un
marionnettiste ! Bientôt les marionnettes repartent du bon
pied... pour
la plus grande joie des enfants. Qu'ajouter encore... Robert Desarthis a tout fait : cinéma, films, télévision, galas, arbres de Noël, tournées et créations au jardin du Luxembourg. Président d'Unima-France (Union Internationale de la Marionnette), puis membre du Présidium, pendant quelques années, il a sillonné l'Europe et le monde entier et représenté dignement nos marionnettes. Ses récompenses et ses décorations ne se comptent plus... Mon père, Robert Desarthis, m'a confié la direction de son théâtre en 1971. Je perpétue la tradition en continuant de présenter ses spectacles ainsi que mes nouvelles créations. Le style Desarthis, sa qualité artistique et sa création ont toujours autant de succès. Mon père disait "Je suis le dieu d'un monde que j'ai créé". Il avait raison ! Il était le dieu d'un petit monde de rêve, de bonheur et de poésie pour enfants et parents. -- Francis-Claude Desarthis |